Sites naturels et panoramas
Histoire
Histoire de Flagy Repères Chronologiques
Préhistoire et Antiquité
Le site de Flagy est occupé dès la préhistoire. Des outils moustériens attribués à l’homme de Néandertal, ainsi que des haches, poteries néolithiques, fibules et monnaies gauloises témoignent d’une présence humaine ancienne et continue.
À l’époque gallo-romaine, le village prend le nom de Flaviacum (« domaine de Flavius »), correspondant à une vaste exploitation agricole structurée, occupée jusqu’au Ve siècle.
Haut Moyen Âge
Sous les Mérovingiens, Flaviacum devient Flagiaco. Le site reste habité malgré les troubles liés aux invasions de la Gaule.
XIIe – XIIIe siècles : la fondation de la ville neuve
En 1177, le roi Louis VII fonde à Flagy une ville neuve sur des terres cédées par Hugues de Marolles. Le village est organisé selon un plan régulier avec des rues parallèles menant à la rivière, aménagée pour les usages quotidiens (moulins, irrigation, lavage) et entourée de fortifications. Chaque rue dispose d’un puits et une halle accueille notamment une foire annuelle à la Pentecôte. Cette halle n’a pas survécu à la guerre de Cent ans. L’église, construite entre 1180 et 1225, mêle styles roman et gothique (mobilier, statues, grandes toiles).Les seuls témoins de cette époque sont l’Eglise, le Moulin, et les caves médiévales dont deux peuvent être visitées.
XIVe – XVIe siècles : crises et destructions
La guerre de Cent Ans et la peste noire entraînent un fort déclin, tant démographique qu’économique.
Après une période plus calme, les guerres de Religion ravagent à nouveau la région, provoquant notamment la destruction partielle de l’église et des fortifications.
XVIIe – XVIIIe siècles : stabilité relative
Le XVIIe siècle marque un retour à une certaine prospérité, interrompue à la fin du règne de Louis XIV par des crises climatiques et des famines.
La Révolution française se déroule sans événements majeurs à Flagy, malgré quelques tensions liées à la levée en masse.
XIXe siècle : un village rural
Flagy devient un village agricole typique, animé par de nombreux artisans et commerçants. Une gare y est construite (voir article suivant). La population diminue toutefois par rapport à la période révolutionnaire.
La bataille de Montereau (1814) a laissé une trace visible : boulet de canon encore présent dans un mur du village, au croisement entre la rue Grande, la rue de St Ange et la rue d’Episy.
XXe siècle : mutations et renouveau
Au début du siècle, l’agriculture domine, avec de nombreuses petites exploitations familiales. Le village compte alors chevaux, attelages et une forte activité artisanale. Un recensement de 62 chevaux et 30 voitures attelées fut effectué dans les années 1920 et les 4 premiers véhicules à moteur au village furent déclarés en 1912. Nous avons même découvert en mairie un recensement sur les poules en 1941 : 515 volatiles !
Les progrès techniques transforment la vie quotidienne : électricité dès les années 1920, eau courante dans les années 1960, développement du téléphone et de l’électroménager.
Malgré l’exode rural, Flagy connaît un renouveau à partir des années 1960 avec l’arrivée de résidents secondaires puis de jeunes ménages, favorisée par l’amélioration des transports et la proximité de Paris.

Évolution de la population
1900 : 345 habitants
1920 : 290 habitants
1936 : 269 habitants
1946 : 341 habitants
1962 : 360 habitants
1982 : 374 habitant
1999 : 534 habitants
2011: 641 habitants
2015 : 644 habitants
2020: 610 habitants
2023 : 584 habitants
Aujourd’hui, en 2026
Avec environ 660 habitants, Flagy conjugue patrimoine historique et dynamisme résidentiel, au cœur du Gâtinais, tout en conservant l’empreinte de son passé millénaire.
Remise en forme le 07/07/2026 . Christine SERRADEILL
LA GARE DE FLAGY : 71 ans de service

Lors du développement des lignes ferroviaires locales de Seine-et-Marne à la fin du XIXe siècle, la gare de Flagy fut mise en service le 30 septembre 1888.
Pourquoi cette mise en place ?
Son origine remonte à la loi du 11 juin 1880, qui a autorisé le Conseil général à étudier la desserte des communes éloignées des grands réseaux, notamment sur la ligne Montereau – Égreville – Château-Landon.
Elle fut déclarée d’utilité publique en 1882 et la ligne fut confiée aux Chemins de Fer Départementaux (C.F.D.). Après plusieurs étapes administratives et la signature d’une concession de 99 ans, les travaux débutent en 1887.
La gare est située à 9,3 km de Montereau et la voie ferrée permettait alors de rejoindre cette ville en une vingtaine de minutes.
Le bâtiment comprenait un logement pour le chef de gare ainsi qu’une halle à marchandises. En 1901, la commune a fait construire un quai de chargement.
L’année suivante, la fréquentation atteignait déjà 12 800 voyageurs. À cette époque, trois allers-retours quotidiens desservaient la ligne.
L’exploitation a évolué au fil des décennies. Le service est réduit pendant la Première Guerre mondiale, puis progressivement rétabli dans les années 1920 et 1930. En 1941, la ligne enregistre 112 000 voyageurs. Après la Seconde Guerre mondiale, la desserte retrouve un rythme de trois allers-retours journaliers.
À ses débuts, la gare accueillait des trains composés de voitures à trois classes, sans chauffage et éclairées à la lampe à huile. L’électricité n’est installée qu’après 1930. Un premier autorail est acquis en 1924, mais leur utilisation régulière ne débute qu’en 1939.
Malgré une fréquentation encore importante dans les années 1950 (63 000 voyageurs en 1956), le déficit d’exploitation conduit le Conseil général à envisager la fermeture de la ligne. Celle-ci intervient finalement le 1er septembre 1959, mettant fin à 71 années de service.
La commune de Flagy acquiert le bâtiment de la gare en 1971, avant de le revendre en 1974. L’édifice sera démoli quelques années plus tard.
Christine Serradeill , remise en forme le 07/07/2026
Curiosités et monuments
Le Moulin de Flagy

Achevé à la fin du XIIIe siècle, le moulin de Flagy aurait appartenu à Blanche de Castille, hypothèse plausible puisque le village faisait alors partie du domaine royal. À cette époque, Flagy disposait également d’une cure royale, d’un procureur fiscal et d’un garde sel.
Actionné par les eaux de l’Orvanne, le moulin fonctionnait grâce à une roue à aubes. Il produisait de la farine.
Comme l’ensemble du Gâtinais, le village, malgré ses remparts, subit de nombreuses dégradations durant l’occupation anglaise lors de la guerre de cent ans (1337 à 1453), notamment lors des conflits entre Armagnacs et Bourguignons (1407 à 1435).
Vers 1420, un incendie ravagea la ville. Le moulin fut épargné grâce à son isolement. Point historique qui coïncide avec cet épisode de la vie du Moulin : l’assassinat de Jean sans Peur sur le pont de Montereau, dont la veillée funèbre fut assurée par le curé de Flagy, Jean Laloue.
Par la suite, le moulin poursuivit son activité sans événement marquant. La Révolution ne l’endommagea pas, contrairement au vieux village fortifié, dont les habitants démantelèrent progressivement les remparts pour en réutiliser les pierres. À la fin du XVIIIe siècle, seuls les fossés et quelques vestiges de tours subsistaient encore.
Le 11 juillet 1833, une ordonnance royale réglementa les moulins de l’Orvanne, mettant fin à leur autonomie. À cette époque, le moulin fut recouvert d’un crépi qui lui donna l’aspect d’une vaste bâtisse plus bourgeoise, au détriment de son caractère d’origine.
Lors du siège de Paris en 1870, alors que la population souffrait de la faim, le moulin continua de produire de la farine pour les habitants de Flagy. Chaque ferme possédait alors son four. Les sacs de blé, pesant jusqu’à 100 kg, étaient hissés au deuxième étage avant d’être nettoyés, broyés puis tamisés dans la bluterie, séparant progressivement la farine fine du son.
À cette époque circule aussi une anecdote : un prétendu descendant d’émigré affirma qu’un trésor avait été caché dans le moulin et proposa de le chercher et de le partager. Les meuniers, prudents, ne donnèrent pas suite.
En 1930, le moulin se composait d’un grand bâtiment d’habitation et de production, complété par de nombreuses dépendances agricoles : grange, écurie, porcherie et remise. La roue à aubes fut alors remplacée par une turbine, modernisant le fonctionnement. La production de farine panifiable devenant un monopole d’État, le moulin se consacra essentiellement à l’alimentation animale. La turbine alimentait également une dynamo produisant une électricité irrégulière, bientôt supplantée par l’arrivée du réseau EDF.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le moulin retrouva temporairement son activité initiale en produisant, clandestinement, de la farine panifiable et en remettant en service son four à pain.
Après la guerre, le site tomba en sommeil jusqu’aux importantes restaurations engagées à partir de 1965. Celles-ci permirent de redonner au bâtiment son aspect d’origine et de révéler ses éléments anciens : colombages, torchis, pierres apparentes et pignon à voûte d’échappement.
Aujourd’hui c’est un hôtel/restaurant, comprenant six chambres. En hivers, les repas sont pris auprès d’un bon feu de bois, et à la belle saison il est aussi possible de prendre ses repas en terrasse, près de la rivière.
https://www.aumoulin.fr/

Mise en forme le 08/07/2026 – Christine SERRADEILL
Le Château de Bellefontaine

Situé sur le coteau au-delà de l’Orvanne, face à Flagy, le château de Bellefontaine a été construit au XVIIe siècle, sur les vestiges d’une forteresse du XIe siècle. Le site repose lui-même sur les vestiges d’une villa gallo-romaine. Son seigneur exerçait des droits sur une partie des territoires de Flagy et de Thoury-Ferrottes.
En 1236, une chapelle castrale dédiée à Saint Jacques y fut édifiée avec l’autorisation de l’archevêque de Sens, Gautier Cornu, qui se réservait le droit de nommer le chapelain.
Au XIVe siècle, d’importantes évolutions féodales modifièrent la situation du domaine. Lorsque la terre de Nemours fut érigée en duché-pairie en faveur du roi de Navarre, en 1404, les possessions royales de Flagy y furent intégrées. Un projet d’échange avec Jean Payen, dit Taupin, seigneur de Bellefontaine, fut envisagé, mais finalement annulé par la Chambre des comptes. Bellefontaine demeura ainsi une seigneurie distincte, rattachée au duché de Nemours.
Du XIIIe au début du XVe siècle, Bellefontaine connut une période de prospérité. Ses seigneurs, également maîtres de Varennes et de Ville Saint-Jacques, disposaient de privilèges importants, dont celui de battre monnaie.
Cette prospérité prit fin au début du XVe siècle, dans le contexte troublé des affrontements entre Français, Bourguignons et Anglais. Le château fort de Bellefontaine aurait été détruit vers 1420.
En 1431, Jean Payen céda le domaine à Jean de Giverlay, chambellan du roi. La famille de Giverlay conserva la propriété jusqu’en 1694. Au XVIe siècle, les terres de Flagy et de Bellefontaine revinrent temporairement à la Couronne, notamment sous Louise de Savoie, mère de François Ier.
À la fin du XVIIe siècle, après la mort de Gédéon de Grailly, le domaine fut partagé entre ses héritiers. L’aîné reçut les terres de Bellefontaine, assorties de droits de haute, moyenne et basse justice, ainsi que plusieurs dépendances.
À partir du XIXe siècle, le château changea fréquemment de propriétaires. En 1815, il appartint au comte de Vallon, avant d’être vendu à M. de Fromont en 1830, puis acquis en 1860 par Joseph Bertrand, qui fit ajouter un second étage au bâtiment. Après sa faillite en 1875, le domaine fut repris par un fermier.
Au XXe siècle, le château passa entre plusieurs mains, notamment celles de propriétaires parisiens, avant d’être acquis en 1947 par le baron Antoine Pouget.
Aujourd’hui, il ne se visite pas mais propose des chambres d’hôtes, des Bed&Breakfast, des gités, des pensions équestres
https://chateaudebellefontaine.innstyle.co.uk/
Mise en forme le 08/07/2026 – Christine SERRADEILL
Vidéos
Apéro Concert du 12 juin 2026 – Wakan Tanka
Apéro Concert du 5 juin 2026 – Trio Celtic Band
Reportage à Flagy
https://www.youtube.com/watch?v=D13cskm7iqw&feature=youtu.be





